Risques émergents ? Même pas peur !

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Avant le Covid-19 déjà, des grandes entreprises avaient ajouté à leur cartographie des risques une rubrique sur les risques émergents. La multiplication des catastrophes climatiques, le contexte géopolitique international instable, les nombreuses interrogations autour de l’évolution de technologies comme l’IA… font émerger de nombreuses incertitudes pour l’avenir.

 

Le risque émergent : ce n’est pas un loup, c’est une meute !

Pour l’ISO 31000, le risque est « l’effet de l’incertitude sur les objectifs ». Les incertitudes sont d’origine interne à l’organisme (exemple : quid de la transmission d’une entreprise familiale ?) ou externe (exemple : non-pérennité d’autorisations d’utilisation d’un produit). Lorsqu’une incertitude est décelée, ses effets potentiels, positifs ou négatifs, sur les objectifs de l’organisme sont analysés. Pour l’ISO/IEC Guide 51 relatif à la sécurité : « […] le risque est la combinaison de la probabilité de la survenance d’un dommage et de sa gravité. » Cette vision sécuritaire, plus chiffrée, est orientée incertitude avec la crainte d’effets négatifs.

Le risque émergent n’est pas un risque particulier. Il s’agit d’un point de vue nouveau sur les risques, qui met l’accent sur la combinaison de plusieurs incertitudes, à plus ou moins long terme, perturbant fortement les contextes interne et externe de l’organisme. Concrètement, il y a des risques émergents (menaces ou opportunités) dans tous les domaines : humains, techniques, financiers, juridiques, réputationnels, géopolitiques, climatiques, etc.

 

Comment y faire face ? Ensemble !

« Les risques émergents concernent des situations pouvant inclure de nouveaux risques (nouvelles technologies, nouveaux contextes, nouvelles populations exposées…) et pour lesquels les effets sur la santé ne sont pas toujours bien connus[1]. » Cette définition met l’humain au cœur du sujet. Elle énonce la double méconnaissance des sources nouvelles de risques et de leurs conséquences.

Il nous manque des données, des informations qui permettent de comprendre ces situations, d’augmenter nos savoirs collectifs. Seul le partage d’informations sur les évènements redoutés, la recherche en commun des mesures pour les prévenir, les circonscrire ou les gérer (exemple : quelles constructions face aux cyclones ?), et la collaboration entre toutes les parties prenantes permettra de nous aguerrir face à ces risques émergents[2].

 

Françoise Gaucher, risk manager expert

 

Retrouvez l’ensemble des publications de ce rendez-vous éditorial « A vos risques !… »

 


[1] Source : DREAL Grand Est.

[2] Pour aller plus loin : ISO/TS 31050:2023, Management du risque  Lignes directrices pour le management d'un risque émergent afin de renforcer la résilience.

    • Mohammed EL MAGHZAOUI
      Mohammed EL MAGHZAOUI

      Votre analyse des risques émergents est très pertinente et met en évidence la complexité croissante des incertitudes auxquelles les entreprises doivent faire face. L'idée que le risque émergent est une combinaison de plusieurs facteurs plutôt qu'un risque isolé est particulièrement intéressante. La référence aux normes ISO apporte un cadre structurant et rigoureux à cette réflexion. Vous soulignez avec justesse l'importance du partage d'informations et de la collaboration pour mieux anticiper ces risques. La prise en compte de l'humain dans cette gestion est également un point clé, souvent sous-estimé. Il serait également intéressant d'approfondir le rôle des nouvelles technologies dans l'anticipation des risques. L'exemple des constructions résistances aux cyclones illustre bien l'importance de l'adaptation. En somme, votre texte invite à une approche collective et proactive face aux incertitudes de demain.

      Merci pour votre partage