Jim Collins, performance et excellence

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Jim Collins n’est pas qualiticien. C’est un universitaire américain, spécialisé en management.

 

Il a écrit plusieurs ouvrages, entre 1992 et 2026, dont les plus connus sont Bâties pour durer. Les entreprises visionnaires ont-elles un secret ?[1], De la performance à l’excellence. Devenir une entreprise leader[2] et Ces géants qui s’effondrent[3]. Dans ses écrits, il s’intéresse à la manière dont les entreprises s’organisent pour avoir du succès. Or, la performance et l’excellence sont des notions qui parlent aux qualiticiens. C’est pourquoi je vous le présente aujourd’hui.

Si l’on peut émettre des réserves sur ce qui, selon lui, fait l’excellence (l’augmentation du cours de Bourse, qui doit être plusieurs fois supérieur à celui des concurrents), J. Collins a notamment théorisé trois choses.

 

Le hérisson et les renards

Les entreprises sont divisées entre les renards et le hérisson. Les renards veulent manger le hérisson et développent de multiples stratégies pour y arriver. Le hérisson n’a qu’une seule stratégie : il se met en boule. Et il gagne à chaque fois. Les entreprises doivent identifier leur « stratégie du hérisson », celle qui leur permet de résister aux attaques des concurrents. Et J. Collins leur dit où la trouver : à l’intersection de ce qui rapporte de l’argent, de ce que l’entreprise sait faire et ce qu’elle prend plaisir à faire.

 

 

Ce schéma peut aisément être adapté à nos métiers de qualiticiens. Il suffit de remplacer l’argent par l’autorité dont on dispose. S’il manque un des trois éléments, vous serez dans la peine. La question des moyens à votre disposition devient une contrainte dans l’exercice de votre mission.

 

Le manager de cinquième niveau

Autre apport de J. Collins : les entreprises excellentes ont en commun d’avoir des managers d’exception. Il donne cinq niveaux managériaux :

  • niveau 1 : un individu avec des savoirs, des savoir-être, des savoir-faire et un talent individuel « hautement capable » ;
  • niveau 2 : un membre de l’équipe, proactif ;
  • niveau 3 : un chef compétent, qui sait organiser efficacement les choses pour atteindre les objectifs de l’entreprise ;
  • niveau 4 : un leader efficace, capable de catalyser l’engagement vers une vision claire et incontestable ;
  • niveau 5 : un « executive », à même de construire une grandeur durable, avec une volonté sans faille et une grande humilité personnelle.

En tant que managers QSE, n’aimerions-nous pas que nos directions fassent preuve de la même humilité et du même engagement ?

 

Le volant d’inertie

« Turning the flywheel » est une appropriation très personnelle du PDCA[4]. Le volant d’inertie (flywheel), une fois lancé, conserve son énergie et entretient seul son mouvement. Tout le problème est d’arriver à le lancer. Chacun doit trouver la séquence des actions qui vont générer cette énergie qui permettra le maintien de la motivation et l’enchaînement des résultats. Ici, nous avons le volant d’inertie personnel de Jim Collins.

On pourrait avoir la même chose pour l’entreprise.

 

 

Hubert Bazin,
consultant en management

 

Retrouvez l’ensemble des publications de ce rendez-vous éditorial « Qualité : comprendre hier, agir aujourd’hui »


[1] Build to Last: Successful Habits of Visionary Companies, Harper Business, 1994. Trad. française : First, 1996.

[2] Good to Great: Why Some Companies Make the Leap… and Others Don’t, Harper Collins, 2001. Trad. française : Pearson, 2009.

[3] How the Mighty Fall : And Why Some Companies Never Give in, Ramdom House Business, 2009. Trad. française : Ces géants qui s’effondrent. Pourquoi certaines entreprises déclinent quand d’autres résistent, Pearson, 2010.

[4] Ou du PDSA (Plan – Do – Study – Act). Voir notre article.

    • David DUBOIS
      David DUBOIS

      Bonjour, 

      Merci pour cet article intéressant. 

      Je vous propose de lire également Olivier Hamant sur "l'antidote au culte de la performance" qui va nous être également utile pour travailler sur la robustesse des organisations.

      Bonne journée

      • Hubert BAZIN
        Hubert BAZIN

        Je ne peux que regarder d'un œil bienveillant les travaux d'un biologiste cellulaire (ma formation d'origine - j'ai bien évolué depuis). Ceci posé, je ne suis pas certain qu'il ait atteint le statut de "gourou". Et ils sont nombreux ceux qui écrivent sur la performance, ou le culte d'icelle, ou sur les antidotes.

        Mais je vais lire.